Tous les paramètres doivent être pris en compte dans le calcul du R.O.I.

Le calcul du retour sur investissement dans la formation est bien difficile. Car les mathématiques aiment le quantifiable, le mesurable. Une forme de données qui n’est pas toujours cohérente avec le monde du travail et du service. Quels indicateurs permettent aujourd’hui de mesurer pleinement le bénéfice d’une formation ? Ils sont nombreux et, surtout, ils dépendent du thème de la formation et de la fonction même de l’apprenant. Doit-on mesurer a priori et a posteriori un taux de production ? un indice de satisfaction clientèle ? un indice qualité ? Les théoriciens tels que Kirkpatrick ou Philips ont formalisé des formules consacrées à ce sujet. Mais devant la difficulté ou l’impossibilité d'apprécier certains paramètres, l’arbitrage courant consiste à mesurer uniquement l’investissement en proportion de la population formée.

Cette mesure, si elle est faite en amont, permet d’ailleurs de choisir un mode de déploiement de la formation plutôt qu’un autre. Le e-learning s’impose vite comme une solution évidente dés lors que le point de rupture est atteint : un dispositif e-learning devient plus rentable qu’un dispositif présentiel lorsqu’un certain nombre d’apprenants est atteint. Mais ce seuil peut-être atteint plus vite encore. En effet, n’oublions pas que s’autoformer, à l’aide d’un module e-learning, est beaucoup plus rapide que de se former en session présentielle. C’est justement là l’intérêt de la solution : l’apprenant se forme à son rythme, sans temps mort. Pas d’inertie due à l’effet de groupe et surtout à l’hétérogénéité d’un groupe, pas de temps perdu, pas de temps d’attente comme lorsque le formateur s’occupe d’un autre stagiaire, efface le tableau, lit ses notes... Pas besoin de passer du temps sur ce qu’on sait déjà. Pour certaines formations, le gain peut aller jusqu’à 60%, parfois même 70%, du temps. Je pense, par exemple, aux formations bureautiques. Qui ne s’est pas retrouvé en formation Excel ou Word avec l’impression de n’avoir appris que 30 ou 40 % des manipulations qui étaient abordées ?

Donc, en intégrant le coût d’indisponibilité du stagiaire lors de sa formation, le business case met en évidence encore plus tôt l’intérêt du dispositif e-learning par rapport au dispositif présentiel. Voilà un argument supplémentaire (s’il en fallait encore) pour accélérer la mise en place du e-learning en entreprise. La seule contrainte étant d’obtenir les informations de salaire pour les utiliser dans le calcul. Cependant, travailler à partir d’un salaire moyen permet déjà d’apprécier le gain considérable de cette solution.