e-Learning propos

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mercredi 19 juin 2019

Besoin de partage

Pas de stratégie e-Learning sans partage d'expérience

Ceux qui s'y sont risqués le savent : mettre en place sa stratégie e-Learning seul, persuadé de ses choix techniques et fonctionnels, aboutira, au mieux à un système très cher, très compliqué et sous-utilisé, au pire à une crise de rejet interne qui anéantira pour des années tout come-back potentiel de ce formidable outil dans l'entreprise.

Consulter n'est pas aisé. Qui consulter ? Dans quelle branche d'activité ? Quelle taille d'entreprise ? Pour quelle finalité ? Consulter ses propres concurrents ?

L'objectif de ce blog est de vous faire partager une expérience de 25 ans dans la formation dont 15 dans la formation à distance. Choix techniques, fonctionnels, contenus et contenants, pas de sujets tabous, toutes ces briques sont essentielles et indispensables à la mise en oeuvre du e-Learning en entreprise.

lundi 16 décembre 2013

Le reporting du LMS : une boîte noire ?

Confiance ou défiance ?

L’utilité du LMS, dans le cadre du e-learning, n’est plus à démontrer : déploiement ciblé de modules, tracking global et individualisé, gestion de cursus de formation, etc.

En revanche, dans certains cas, il est malgré tout essentiel d’avoir des compétences techniques en interne, même pour certaines plates-formes du marché.
En effet, la plate-forme idéale est rare. Cette dernière devrait allier interface intuitive et moderne, administration technique et fonctionnelle aisée, reporting simple et puissant.
J’ai pu encore vérifier très récemment que, sur ce dernier point, les méthodes de calcul permettant d’obtenir le reporting global sont souvent opaques. Etonné par les résultats globaux affichés, j’ai entrepris d’interroger directement la base de données de la plate-forme de mon entreprise au travers d’une requête SQL. Les temps affichés via cette requête me semblant plus cohérents que les temps affichés par l’interface de la plate-forme, j’ai demandé à l’éditeur de m’expliquer simplement comment les chiffres étaient obtenus (la totalité de la population est-elle prise en compte ? Y a-t-il des règles de gestion particulières qui m'ont échappées, etc.). La réponse de mon éditeur fut très claire :
« Malheureusement nous ne communiquons pas d'informations sur le modèle conceptuel des données ni sur le modèle physique des données de l'application. » Heu… je ne demandais là aucune information confidentielle, juste l’explication d’un calcul. Dois-je comprendre que je ne peux obtenir aucune explication sur la méthode de calcul et que je dois avoir une confiance aveugle dans ce qui est affiché par la plate-forme, ou que l’éditeur ne peut expliquer lui-même le delta entre son résultat et celui de ma simple requête?

En tout cas, j’ai décidé de me baser uniquement sur mes propres requêtes (pour lesquelles je peux expliquer et assumer les résultats) et me passer définitivement du reporting intégré à la plate-forme, qui me semble désormais farfelu et en qui je n’ai plus confiance.

Je conseille donc de faire, au moins une fois, un rapprochement entre les résultats globaux affichés par le LMS et ce qu’on peut obtenir simplement en interrogeant directement la base de données. Cela permettra, dans le meilleur des cas, de s’assurer de la cohérence des informations affichées par l’interface et, dans le pire, de préférer passer par un autre biais pour avoir des résultats justes.

mardi 7 décembre 2010

Comment produire moins cher ?

Le module « Canada Dry » !

Le dernier Serious Game Expo de Lyon a laissé un petit goût de « peut mieux faire ». Beaucoup d’exposants mais peu de contacts de qualité (au sens « potentiel commercial ») parmi les visiteurs.
Le Serious Game est encore trop cher.
Et pourtant, on prétend qu’il sera le standard pédagogique distanciel de demain.
Pour arriver à cela, il faudra pouvoir industrialiser la production de contenu de ce type. Cependant, tous les éditeurs de contenus sur mesure vous le diront, personne n’est encore parvenu à réellement industrialiser la production de contenus elearning spécifiques « classiques ». Mais après tout, « industrialisation » et « sur mesure » ne sont-ils pas antinomiques ?
Comment donc produire un Serious Game moins cher ?

En produisant un module « Canada Dry » : « Ca a la couleur du Serious Game, le goût du Serious Game mais ça n’est pas du Serious Game !».
Le module « Canada Dry », c’est un module elearning « classique », mais qui emprunte les codes du Serious Game, les fameux codes qui séduisent apprenants et responsables de formation : avatars en 3D, décors en 3D, liberté de mouvement, liberté d’action, etc.
Pour gagner en coût de production, il faut limiter le nombre d’avatars, limiter le nombre de décors et d’environnements contextuels, donner à l’apprenant l’impression d’une certaine liberté de mouvement et d’action alors qu’il sera en réalité canalisé par la séquence pédagogique prédéfinie.
Ca coûte moins cher, c’est plus rapide à produire et, pour l’avoir expérimenté, ça fonctionne.

Mais attention, il ne s’agit pas de produire du Serious Game bas de gamme.
Il ne faut pas perdre de vue les objectifs de la formation et soigner la couche pédagogique. Je parle ici d’un module elearning efficace, pragmatique, interactif, intégrant évaluations formatives et sommatives, avec une interface « full 3D » mais optimisant le nombre de décors, le nombre d’avatars et permettant une navigation « aiguillée » de l’apprenant dans les situations proposées. Bref, une couche de Serious Game sur un module « classique » de qualité. Faute de pouvoir industrialiser, cela réduit déjà considérablement la charge de développement (coût, délai), comparativement à un Serious Game réel, sans préjudice pédagogique.

lundi 22 novembre 2010

Le premier module

Le choix du premier module eLearning n’est pas important, il est vital !

Beaucoup d’entreprises ont choisi d’expérimenter le eLearning en commençant par la bureautique. J’en connais, pour ma part, 3, rien que dans la grande distribution.
Pour ces 3 entreprises, l’expérience a été un échec et, beaucoup plus tard, il a été très difficile de convaincre à nouveau les collaborateurs des bienfaits de cette modalité d'apprentissage (seules 2 d’entre elles ont cependant retenté l’expérience du eLearning).

Les raisons de ces échecs ? Les responsables de formation l’attribuent à plusieurs facteurs, après coup (« on est toujours plus intelligent après, n’est-ce pas ?») :

- Un sujet élitiste ne concernant que les cadres ou une portion d’aficionados, plutôt au siège ou en centrale que dans les magasins ;
- Une formation perçue comme une formation de « confort », sans aucun caractère obligatoire ;
- Un cursus ultra morcelé pour lequel il n’y a pas vraiment de séquence pédagogique (on peut passer des tableaux croisés dynamiques d’Excel à l’insertion d’un graphique sous PowerPoint) et donc pour lequel la sensation d’investissement n’est pas réel.

J’ai accompagné le développement du eLearning pour l’une de ces enseignes.
Cette fois, avec un nouveau projet, intégrant la mise en oeuvre d’une plate-forme et d’un premier module eLearning métier. Le responsable de la formation de l’entreprise a fait le choix d’un module stratégique ayant un caractère quasi obligatoire.
Ce module concernait l’ensemble des collaborateurs et traitait de l’hygiène et de la sécurité alimentaire, sujet essentiel dans la grande distribution à l’heure d’une législation de plus en plus contraignante et d’une préoccupation réelle des consommateurs.
Inutile de préciser que tous les moyens de communication internes ont été utilisés pour promouvoir l’utilisation de cette nouvelle plate-forme et impliquer l’ensemble des managers.
Le résultat ? Plus de 4.000 personnes formées en 2 mois de temps. Mais ce ne sont que des chiffres. Le plus important est l’enthousiasme que cette nouvelle modalité de formation a suscité au sein des équipes qui, une fois interrogées, ont manifesté le souhait de poursuivre avec d’autres modules de formation.
Les raisons du succès ?

- Un module pratico-pratique répondant à un besoin terrain ;
- Une formation courte (45 minutes) avec mise en application immédiate ;
- Un caractère obligatoire pour tout le personnel : « ne pas être le maillon faible de la chaîne de la sécurité alimentaire au sein de l’entreprise ».

De l’avis même du responsable de formation, ce premier module a été un excellent choix. "Aujourd’hui, tous connaissent et ont expérimenté les bénéfices du eLearning en entreprise. Il n’y a donc plus de travail d’évangélisation pour les modules suivants."

mercredi 21 avril 2010

Vers le tout gratuit ?

Un dispositif e-Learning gratuit

C'est presque un lieu commun aujourd'hui de dire que le e-Learning est à maturité. C'est effectivement le cas puisque les technologies, les réseaux, les outils ont évolué, tout comme les mentalités en entreprise et l'acceptation de cette "nouvelle" modalité de formation.
Un des nombreux signes de cette maturité réside dans l'offre elle-même.
De nombreux produits existent (LMS, CMS, LCMS) mais surtout, de nombreux produits gratuits qui, contrairement à la croyance courante, ne sont pas réservés aux particuliers ou aux petites structures. Beaucoup de ces produits "open-source" sont aussi sophistiqués que leurs équivalents payants.

Prenons l'exemple du LMS Ganesha (sous licence GNU GPL).
Certes il en existe d'autres (Claroline, Moodle, etc.) mais cette plate-forme de formation gratuite, tout à fait comparable à des plates-formes payantes du marché, est en production depuis plusieurs années dans de grandes entreprises et est utilisée avec succès par des milliers d'apprenants (du secteur privé et du secteur public).
Il faut dire que Ganesha a presque 10 ans d'existence et que cette plate-forme a su s'améliorer, évoluer, en fonction des besoins de plus en plus précis des utilisateurs et des structures.

Et pour la création de contenu ? Là aussi beaucoup d'outils gratuits, dont certains sont tout simplement remarquables en terme de facilité d'utilisation et de richesse fonctionnelle. C'est le cas de MOS Solo (outil gratuit de l'éditeur MindOnSite) qui, sans pouvoir néanmoins rivaliser avec un réel développement spécifique en Flash, permet déjà de mettre en ligne très rapidement du contenu de formation simple, à la norme SCORM.

Et pour héberger tout ça ? Un serveur Linux avec une base de données MySQL font tout à fait l'affaire. On reste ainsi dans le monde du gratuit.

Qu'est-ce qui est payant alors ? La couche pédagogique !
Et plus exactement, la ressource humaine capable d'apporter cette couche pédagogique. N'oublions pas que ces outils restent des "outils". Il est indispensable de savoir scénariser le contenu de formation en y intégrant tout le savoir d'un chef de projet rompu à cette modalité (on ne construit pas une formation e-Learning comme une formation présentielle).
La mise en oeuvre d'un dispositif de formation e-Learning se concentre alors sur toute la valeur ajoutée que les hommes peuvent y apporter (référents sur le contenu, experts de la pédagogie, acteurs de l'entreprise).

jeudi 9 avril 2009

La distribution à la traîne ?

Le contre argument du chiffre d'affaires

Des statistiques d'utilisation du e-Learning ont été publiées par un grand groupe de formation français. Le titre en première page résume très bien la tendance 2007-2008 : "Taux de satisfaction en très forte progression". Les chiffres présentés sont d'ailleurs tous positifs et dans le sens d'une progression constante de cette modalité en entreprise. En revanche, mon attention s'est portée sur le résultat du pourcentage des personnes ayant bénéficié du e-Learning en 2008. Parmi les chiffres, on peut lire 35% pour la branche Commerce-Distribution alors qu'on est à 60% dans la branche Banques et Assurances et que même l'Industrie affiche un taux plus élevé, à 39%.

Cela signifie t'il que le e-Learning est moins adapté aux populations du secteur de la distribution ? Pourtant, à l'instar des banques et des assurances, les enseignes de la distribution sont organisées en chaîne de magasins, avec toutes les problématiques de logistique de formation que cela suppose. Pour côtoyer très régulièrement cette branche d'activité dans le cadre de ma fonction, je pense que le problème est ailleurs. La faute est au fameux "priorité terrain, priorité à la vente". En effet, les responsables des réseaux, les directeurs de régions et les responsables de magasins eux-mêmes mettent systématiquement en avant cet argument pour justifier de la non possibilité d'utiliser des modules de formation en magasin.

Bien évidemment c'est un faux problème. Car en définitive cela traduit plus exactement le manque de formation global des personnes en magasin. Car une formation, qu'elle se fasse en présentiel ou en e-Learning, demande toujours du temps, donc du temps "non terrain". Est-ce que le responsable de magasin ne veut pas plutôt dire "avec le e-Learning, je vais devoir former mon personnel, et si je ne le fais pas, les moyens de tracking le mettront en évidence" ?

Mais ne jetons pas la pierre aux managers pour qui "la priorité terrain" est la conséquence d'une pression croissante, accentuée par cette période difficile. D'autant que, au sein de la distribution, certains secteurs, comme celui du bricolage, sont très en avance sur les autres. En effet, TOUTES les grandes enseignes de ce secteur ont mis en place, depuis plusieurs années maintenant, une vraie stratégie e-Learning en magasin, s'appuyant sur une plate-forme et de nombreux modules.

jeudi 16 octobre 2008

Serious Game, le nouvel e-Learning ?

C'est très à la mode. C'est séduisant. Ca ressemble à un vrai jeu informatique.

Le "serious game" (littéralement le "jeu sérieux") est dans l'air du temps et de plus en plus de RH le regardent de près. Ce concept met en situation l'apprenant dans un univers en 3 dimensions, comme s'il jouait sur une console de jeu. Il peut ainsi évoluer dans un décor de magasin, d'entrepôt, se balader dans l'entreprise, au gré de sa volonté. Son chemin sera ponctué d'évènements divers, prévus ou aléatoires, auxquels il devra réagir en mettant en application les "best-practices" du métier, de l'enseigne.

C'est beau, c'est rigolo. Mais est-ce réellement efficace ?

Oui ça l'est. Mais pas plus qu'un module e-Learning classique qui peut lui aussi mettre en situation l'apprenant.
C'est plus "fun" mais surtout, c'est beaucoup plus cher, car les technologies employées sont plus compliquées et qu'il est encore aujourd'hui nécessaire de déployer un "player" spécifique sur les postes des apprenants pour la bonne utilisation de l'outil. Ca n'est bien perçu en tout cas que par les "jeunes" apprenants. Les populations plus âgées peuvent même paniquer à l'idée qu'il n'y a pas de directives d'évolution, qu'on peut aller où bon nous semble. Le côté "déclenchement soudain d'un évènement" peut renforcer cette appréhension.
Il existe un rapport sur une étude menée par l'association ELSPA concernant l'utilisation du jeux vidéo dans la formation (http://www.elspa.com/assets/files/u/unlimitedlearningtheroleofcomputerandvideogamesint_344.pdf). On y trouve notamment la liste de 36 principes d'apprentissage dans les jeux vidéo. Ces 36 principes peuvent tout aussi bien s'appliquer à un module e-Learning "standard" pour lequel le côté ludique est toujours mis en avant.

jeudi 4 septembre 2008

Le coût de l'indisponibilité

Tous les paramètres doivent être pris en compte dans le calcul du R.O.I.

Le calcul du retour sur investissement dans la formation est bien difficile. Car les mathématiques aiment le quantifiable, le mesurable. Une forme de données qui n’est pas toujours cohérente avec le monde du travail et du service. Quels indicateurs permettent aujourd’hui de mesurer pleinement le bénéfice d’une formation ? Ils sont nombreux et, surtout, ils dépendent du thème de la formation et de la fonction même de l’apprenant. Doit-on mesurer a priori et a posteriori un taux de production ? un indice de satisfaction clientèle ? un indice qualité ? Les théoriciens tels que Kirkpatrick ou Philips ont formalisé des formules consacrées à ce sujet. Mais devant la difficulté ou l’impossibilité d'apprécier certains paramètres, l’arbitrage courant consiste à mesurer uniquement l’investissement en proportion de la population formée.

Cette mesure, si elle est faite en amont, permet d’ailleurs de choisir un mode de déploiement de la formation plutôt qu’un autre. Le e-learning s’impose vite comme une solution évidente dés lors que le point de rupture est atteint : un dispositif e-learning devient plus rentable qu’un dispositif présentiel lorsqu’un certain nombre d’apprenants est atteint. Mais ce seuil peut-être atteint plus vite encore. En effet, n’oublions pas que s’autoformer, à l’aide d’un module e-learning, est beaucoup plus rapide que de se former en session présentielle. C’est justement là l’intérêt de la solution : l’apprenant se forme à son rythme, sans temps mort. Pas d’inertie due à l’effet de groupe et surtout à l’hétérogénéité d’un groupe, pas de temps perdu, pas de temps d’attente comme lorsque le formateur s’occupe d’un autre stagiaire, efface le tableau, lit ses notes... Pas besoin de passer du temps sur ce qu’on sait déjà. Pour certaines formations, le gain peut aller jusqu’à 60%, parfois même 70%, du temps. Je pense, par exemple, aux formations bureautiques. Qui ne s’est pas retrouvé en formation Excel ou Word avec l’impression de n’avoir appris que 30 ou 40 % des manipulations qui étaient abordées ?

Donc, en intégrant le coût d’indisponibilité du stagiaire lors de sa formation, le business case met en évidence encore plus tôt l’intérêt du dispositif e-learning par rapport au dispositif présentiel. Voilà un argument supplémentaire (s’il en fallait encore) pour accélérer la mise en place du e-learning en entreprise. La seule contrainte étant d’obtenir les informations de salaire pour les utiliser dans le calcul. Cependant, travailler à partir d’un salaire moyen permet déjà d’apprécier le gain considérable de cette solution.

lundi 18 août 2008

La course à la fête foraine !

"Tout ce qui brille n'est pas or"

Dans la phase de conception d’un module e-learning, de plus en plus, on me demande d’augmenter les effets multimédia, les fameux effets « fêtes foraine » : des animations en 3D, des jingles, des stimuli sonores et visuels en grand nombre...

Dans l’esprit de beaucoup de personnes, c’est ce qui rendra le module e-learning « ludique ». Il est vrai que le module doit l’être.

Cette tendance est d’ailleurs renforcée par le degré d’équipement des entreprises et par l’avancée technologique des outils. En effet, la bande passante n’est « presque plus » aujourd’hui un problème. A l’heure de l’ADSL, des très hauts débits permis par le câble ou par les infrastructures Intranet à 100 Mbits, on a envie d’en faire passer « un maximum ». Les outils de développement permettent désormais d’envisager de la 3D, du Serial Game sophistiqué, du son stéréo etc.

Mais attention ! Un module doit être ludique par le fond plus que par la forme. Les apprenants sont vite fatigués par les couches superficielles visuelles et sonores qui, en définitive, peuvent venir polluer le message. L’autoformation demande déjà un gros effort de concentration. S’autoformer est plus fatiguant que de se faire former.

Cette course aux effets spéciaux a un autre inconvénient. Elle pousse de plus en plus les éditeurs à développer en off-shore. Car cela coûte très cher. L’éditeur perd à ce moment là immanquablement de réactivité au détriment de son client final.

N’oublions pas l’objectif premier du module e-learning : il s’agit d’un outil de formation, pas de distraction.

lundi 7 juillet 2008

Quelle charge de travail ?

Ne sous-estimez jamais la charge de travail nécessaire côté client lorsque vous confiez la réalisation d’un module e-Learning à un prestataire externe.

Le prestataire de développement, aussi compétent soit-il, ne sera jamais un expert de votre métier. Il a besoin de matière à mettre en musique.

Sur une matière brute, il apportera ses compétences pédagogiques, graphiques, techniques.

Il vous faudra du temps pour réunir le contenu, le vérifier, le transmettre au fournisseur. Il vous faudra du temps, aussi, en aval, dans toutes les phases de validation des différents lots. L’idéal étant de constituer chez vous une équipe projet qui pourra se réunir et arbitrer immédiatement sur les souhaits de correction ou de modification que provoqueront chaque livraison. Il faut, bien évidemment, intégrer à cette équipe projet, le commanditaire interne.

Quelle charge cela représentera t’il ?

Je pourrais vous faire une réponse de normand : « Ca dépend. Ca dépend de l’importance du module, de sa durée finale, du fait qu’il s’agisse plutôt d’un module technique ou métier, ou comportemental, du fait que la matière nécessaire au module soit déjà existante et formalisée chez vous …».

Plus simplement, un moyen simple d’estimer la charge que cela représentera concernant vos équipe, est de vous baser sur le poste « gestion de projet » que votre prestataire n’aura pas manqué de chiffrer dans sa proposition commerciale. Comptez passer entre 80 et 100% de la charge de gestion de projet estimée côté fournisseur.

vendredi 27 juin 2008

Son ou pas son ?

Faut-il sonoriser, par une voix-off, les modules de formation ?

Cette question peut paraître étrange, elle m'est pourtant souvent posée.

Elle est en effet légitime. Car sonoriser un module coûte cher. Et au delà du coût, sa modification devient plus compliquée. Mettre à jour le texte signifiera enregistrer à nouveau la voix y correspondant.

La première question devrait être : pourquoi sonoriser le module ? Cela représente t-il un intérêt dans le contexte du sujet traité, de la population formée ? Cela renforcera t'il les messages importants ? Il ne faut pas sonoriser parcequ'on trouve que "ça fait mieux". Trop de stimuli nuisent au message principal. Evitons les effets "fête foraine"

La deuxième question est plus technique : les postes des apprenants sont-ils tous équipés pour diffuser le son, via des enceintes ou via un casque ?

La dernière question portera sur le lieu de formation. Dans le cadre d'une formation sur site, dans un bureau, dans un magasin, sur un poste industriel, le bruit environnant peut nuire à la concentration. A l'inverse, le son du module peut perturber les personnes travaillant à proximité.

Si on décide de sonoriser un module, il est en revanche très important de considérer que certaines personnes peuvent, pour des raisons physiques, ne pas entendre ou mal entendre. Il est donc essentiel de prévoir la possibilité d'afficher le texte correspondant à la voix off.

L'idéal étant que l'apprenant ait le choix d'activer ou non le son, d'afficher ou non les bulles de texte. Car la lecture est perturbée par la voix-off. Faites le test, vous serez vite agacé par une voix-off qui ne "lit pas" au même rythme que vous. Cela crée un décalage. En définitive, vous ne vous concentrerez plus que sur un seul média : le texte ou la voix.

Mon point de vue est que la sonorisation est un plus quand elle s'intègre naturellement dans le module, quand elle est cohérente avec le ton, la sujet, la cible. Mais surtout, elle ne doit pas être imposée et chacun doit pouvoir choisir son mode d'apprentissage.

samedi 21 juin 2008

Le manager : le frein et l'accélérateur

Pas de stratégie e-Learning sans implication du management

Tout le monde est unanime : cette plate-forme de formation est formidable ! Les modules qu'on y trouvent correspondent à un réel besoin du terrain.

Mais alors que se passe t'il ? Pourquoi si peu d'apprenants ? Pourquoi si peu de connexions ? On a pourtant tout fait comme il fallait : une équipe projet impliquant des gens de métier, une phase de cadrage, un déploiement à renfort de communication... On a même communiqué auprès de chaque manager !

Oui, c'est vrai, toutes les entreprises ont compris l'importance d'impliquer le management dans leur réflexion et dans leur communication. Et c'est vrai qu'ils sont alors les premiers à se connecter et à utiliser les modules de formation. Mais après...

Après, lorsqu'ils se sont eux-mêmes connectés, lorsqu'ils se sont eux-mêmes formés, peu de managers permettent l'accès à leurs équipes. Beaucoup jugeront que la formation ne s'adresse pas à leurs collaborateurs ou prétexteront de la priorité terrain, des objectifs commerciaux ou de production.

Il faut organiser l'accès au dispositif de formation ! Les managers doivent aménager ou communiquer des plages réservées à leurs équipes. Ils doivent rappeler l'objectif et l'importance de la formation tant pour l'entreprise que pour l'individu lui-même. Sans ce relais, nous l'avons expérimenté maintes fois, le e-Learning ne descend pas jusqu'à l'utilisateur final, celui qui est en bout de chaîne et qui, c'est antinomique, est souvent le plus concerné par le module.

Impliquer le management ce n'est pas seulement en amont de la solution de formation. C'est tout le temps. Profitez de chaque relais de communication, de chaque réunion, interrogez les équipes en présence de leur manager. Le manager peut et doit être l'accélérateur de votre dispositif de formation.